Michel Gros à Vosne-Romanée : un génie dans la bouteille ?
Michel GROS est issu d’une lignée de vignerons de Vosne remontant jusque 1850. Le domaine récent est issu de la division entre les enfants de la famille de Jean GROS. Une branche est devenue Gros frère & soeur, l’autre Michel GROS.
Cet homme timide et réservé est à la tête d’un domaine de 19 hectares, dont une grande partie sise dans les hautes côtes de Nuits (11 hectares dans le hameau de Chevrey, à côté de Marey les Fussey). Jean, le père de Michel, était l’un des pionniers du renouveau des vignobles des hautes côtes, dont les vignes ont été replantées dans les années ‘70. Précisons que ce vignoble existait déjà avant le phylloxéra au XIXème siècle.
Michel GROS, un homme timide, réservé, mais du talent à l’état brut.
Le reste du domaine se partage entre Nuits Saint-Georges village (réparti entre 4 parcelles), Nuits Saint-Georges les Chaliots (0.83 ha), Nuits Saint-Georges 1er cru (0.31 ha, assemblage entre vignerondes et les Murgers, au nord de l’appellation), Vosne village (0.9 ha en 3 parcelles, dont les Réas), Chambolle-Musigny village (0.7 ha réparti en 4 parcelles dont une superbe “les Argillières” juste à côté des Musigny), Morey Saint-Denis “en la rue de Vergy (0.23 ha, sis au-dessus du clos de Tart), Vosne 1er cru “les Brûlées” (0.6 ha, parcelle limitrophe des Richebourg, l’un de mes premiers crus préférés), Vosne 1er cru “clos des Réas (2.1 ha, monopole du domaine, situé sous les Chaumées, près de la mairie), et Clos-Vougeot grand cru (0.2 ha dans la partie “grand Maupertuis”, parcelle replantée en 1985).
Les pinots de Michel, subtils, fins, corsés sans excès, magnifiques, sont vraiment différents des autres, ils ont ce supplément d’âme qui magnifient la Bourgogne. Ils vieillissent merveilleusement bien, sans jamais prendre des notes lourdes animales, mais plutôt en prenant des fragrances de rose fânée, de petite cerise, d’épice et de terre. Michel est aussi le président du syndicat de Vosne, dont l’ensemble des vignerons n’ont fait que de prononcer des éloges sur son travail précis et qualitatif.
Alors, un génie dans la bouteille, comme le conte d’Aladin ? Non, simplement un homme humble, qui a l’intelligence instinctive du pinot, et qui rend compréhensible le goût de notre terroir. Parce que cet homme réalise des prouesses de génie, sans se gargariser de gloire. L’humilité est la couleur de son panache.
Dégustation
Nuits Saint-Georges “les Chaliots” 2002 : une bouteille de pinot divin à prix raisonnable, ronronnant doucement dans ma cave.
Ces notes sont prises sur plusieurs années, dont les plus anciennes remontent à 2006.
Hautes-Côtes de Nuits 2005 rouge (9.50 €, épuisé): au nez parfait pour ce type de vins. Le meilleur dégusté avec celui d’Alain Jeanniard de Morey, même millésime. Le nez part sur les cerises noires fraîches, une impression juteuse, des notes d’herbe fraîche. En bouche, un velouté de tanin incroyable, une touche boisée exactement comme il le faut, un vin d’horloger. Très belle longueur. Rapport qualité-prix-plaisir imbattable.
Hautes-Côtes de Nuits 2007 rouge (9.70 €): au nez fin, fumé, avec des notes de petites cerises. Très joli en bouche, avec un fruité impeccable sur le plat de la langue et un dosage du boisé et des tanins digne de la perfection. La finale est un peu asséchante, due je suppose à une mise récente (dégusté début 2009). A acheter d’urgence.
Nuits Saint-Georges « les Chaliots » 2002 (21 €, épuisé): représente vraiment une bonne affaire. Le nez est profond, terreux et marqué par les cerises du pinot. La bouche est bien équilibrée, et faite pour une bonne garde.
Vosne village 2007 (sur fût, dégusté début 2009): nez délicat, fin, floral. Bouche superbe pour un village, longueur étonnante, persistant.
Vosne 1er cru “clos des Réas” 2007 (sur fût, dégusté début 2009): nez fumé, délicat, complexe, notes réglissées, pointes d’épices. Belle bouche envoutante, très longue. Elevage impeccable. 2007 sied bien à ce type de climat.
Vosne 1er cru “clos des Réas” 2001 (42 €): nez de pinot, jolies petites notes viandées. Des touches végétales viennent rafraîchir l’ensemble. Impressions fruitées, minéral, terre. Grande concentration. Génial. J’aime.
Vosne 1er cru « clos des Réas » 2005 (39 €, épuisé): est très bien fait, sur la finesse, marqué par le pinot et les groseilles, complexe, fumé. Une grande bouteille de grande finesse, et malgré tout très concentrée, pour amateurs de vins féminins.
Vosne 1er cru « aux Brûlées » 2002 (39 €, épuisé): représente l’archétype du grand Bourgogne. Le nez est axé sur le pinot, les cerises griottes et des notes de fumée, de vanille. La bouche est puissante, sans excès, quoique plus imposante que le clos des Réas. Les saveurs en bouche sont conformes au nez, et l’acidité marquée laisse supposer une garde importante pour ce vin. Ce même vin redégusté en 2007 confirmait ma note, en assurant sans doute aucun une garde de deux décennies au moins.
Vosne 1er cru “aux Brûlées” 2007 (dégusté sur fût début 2009): nez fantastique : pinot pur jus, végétal frais, fumée, évocation de roses. En bouche : fraîcheur, fruit, longueur. Parfait pour ce millésime pas évident.
Clos-Vougeot grand Cru 2005 (55 €, épuisé): est tout aussi beau, plus « terroir » que le précédent, et plus fin. Le boisé est bien imbriqué dans l’ensemble, avec un tanin présent sans excès. Je le trouve cependant moins profond que les Brûlées ou le Réas, peut-être par une vigne moins âgée. Ce cru n’est jamais évident à déguster jeune.
Hautes-côtes de Nuits 2005 : du bonheur, du velours, un magnifique coup de patte, des vignes arrivant à maturité (dans les 30 ans) pour… 9.50 € ! Je suis fier d’avoir ces bouteilles dans ma cave. Les plus beaux hautes-côtes qu’il m’ait été donnés de déguster.
Michel GROS
7 rue des Communes
21700 VOSNE ROMANEE
adresse mail : domaine-mgros@wanadoo.fr
Patrick Maclart


























La sua grande ambizione: quella di raggruppare tutte le parcelle del Clos de Vougeot sotto un’unica società cooperativa, riportandolo alle antiche origini monastiche. Nel 1959 le proprietà della tenuta furono ereditate di Jean Méo. Essendo impiegato in politica a Parigi, dapprima come consigliere del generale De Gaulle e in seguito di Jacques Chirac, diede in affitto le proprie vigne ad altri vignaioli. Uno di questi si chiamava Henri Jayer. Grazie al suo genio, i vini dell’azienda iniziarono una progressiva salita fino raggiungere l’attuale eccellenza qualitativa. All’inizio i vini erano venduti in fusti ad aziende commerciali e solo dal 1985 commercializzati direttamente sotto una propria etichetta.